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                                    XASEFTIT

"If you do not know where you are going, at last try to know from whence you come" 

              " Si tu ne sais pas où tu vas, alors essaye de voir d'où tu viens "

Veg xaseftit n xamaziqx, ellan 5 n akuven : Izri, Urmir, imal 1u, Imal wis2 v Anav'.

Dans la conjugaison berbère, il y'a 5 temps : passé, présent, futur 1er, futur 2ème et l'impératif.

Amyag Effer veg Izri : Radical : ffr

effer-q : effereq                                       n effer : neffer                              

x effer-v : xefferev                                    x effer-m(mx) : xefferem(x)         

y(x) effer : y(x)effer                                  effer-n(nx) : efferen(x)                      

Amyag Effer veg Urmir :

t effer-q : teffereq                                      n t effer : neteffer

x t effer-v : xeteffrev                                  x t effer-m(mx) : xetefferem(mx)

y(x) t effer : y(x)eteffer                               t effer-n(nx) : tefferen(nx)

Amyag Effer veg Imal 1u :

av effer-q : aveffereq                                  av n effer : avneffer                      

av x effer-v : avxefferev                              av x effer-m(mx) : avxefferem(x)           

av y(x) effer : avyeffer, avxeffer                   av effer-n(nx) : avefferen(x)         

Amyag Effer veg Imal wis2 :     

av t effer-q : avteffereq                                av n t effer : avneteffer

av x t effer-v : avxeteffrev                            av x t effer-m(mx) : avxetefferem(mx)

av y(x) t effer : avyeteffer, avxeteffer            av t effer-n(nx) : avtefferen(nx)

Amyag Effer veg Anav' :

effer                                                            effer-m(mx)

Le système phonique

Chaque parler possède sa propre phonologie. Sauf en touareg, il n’y a que trois phonèmes vocaliques, a , i , u . En revanche, l’inventaire des consonnes est très riche. On observe comme en sémitique une série de pharyngalisées, dites emphatiques. Selon l’énergie mise en jeu, toute consonne peut être relâchée ou tendue, ce qui permet diverses oppositions lexicales ou morphologiques. Les occlusives relâchées deviennent spirantes dans certains parlers.

La phrase

Le berbère dispose de verbes, de nominaux et de particules. Les verbes et les nominaux opposent deux genres, le masculin et le féminin, et deux nombres, le singulier et le pluriel.

Le verbe peut constituer à lui seul un énoncé complet: chleuh ukreq  «j’ai volé», yukr  «il a volé». En effet, la forme verbale comporte obligatoirement un indice de personne, ici -q  «je» et y-  «il». Cet indice est soudé au radical ou «thème» qui, soutenu par un jeu de particules, précise l’aspect de l’action, mais non le temps: ukreq  note l’action accomplie, «j’ai volé» ou «(lorsque) j’aurai volé», av ttakreq  l’action répétée «je vole» ou «je volais». Tout verbe a au moins quatre thèmes, dont l’un est un passe-partout qui par lui-même ne marque aucun aspect. A la différence de l’arabe, le berbère affecte les mêmes indices de personne à tous les thèmes, sauf dans les «verbes de qualité». Il existe enfin des verbes dérivés, eux-mêmes pourvus des différents thèmes et formés à l’aide de préfixes qui leur donnent souvent une valeur factitive, réciproque ou passive: ainsi suf  «faire enfler», en face de uf  «enfler».

Des nominaux complètent le plus souvent l’énoncé. Un nom, par exemple, peut suivre le verbe pour dire à quoi renvoie l’indice de personne: yukr urgaz  «l’homme (il) a volé»; un autre peut préciser l’objet de l’action: yukr urgaz aserdun  «l’homme a volé le mulet»; on voit que certains noms distinguent un «état libre», argaz, asrdun, et un «état d’annexion», urgaz, usrdun, réservés chacun à des fonctions définies. Mais toute langue parlée aime les tours expressifs; on projette donc volontiers en tête de la phrase l’un ou l’autre des noms, quitte à le reprendre par un pronom personnel: asrdun, yukr-it urgaz  «le mulet, l’homme l’a volé».

À côté des pronoms personnels, répartis en plusieurs séries, on trouve des supports de détermination, dont le rôle est considérable. Ils peuvent en effet se substituer au nom ou encore s’ajouter à lui pour servir d’appui à un déterminant, particule démonstrative, complément de nom ou proposition relative: ainsi le touareg wa  «celui», dans wa-rég  «celui-ci», wa n-umghar  «celui du chef», wa nsen  «celui d’eux = le leur», wa yuker  «celui [qu’] il a volé», ou dans amis wa-rog  «ce chameau-ci», amis wa n-umghar  «le chameau du chef», etc. Le berbère ne connaît pas de vrais pronoms ou adjectifs possessifs, relatifs ou démonstratifs. Il obtient la plupart des combinaisons syntaxiques en appliquant quelques relations fondamentales à un petit nombre de classes morphologiques. Même les propositions subordonnées ne sont le plus souvent que des relatives accrochées à un élément support: le chleuh ig  «si» équivaut à «ce (i) dans (g) [quoi], le cas dans [lequel], au cas où».

Les énoncés sans verbe ne sont pas rares. L’un d’eux fait suivre un nom d’un support que détermine une proposition relative: amis a yuker  «un chameau [est] ce [qu’] il a volé» = «c’est bien un chameau qu’il a volé». Le support n’est plus ici la simple reprise du nom: il devient le sujet de l’énoncé. Cette construction expressive connaît un grand succès dans tous les parlers.

Le vocabulaire

Très inégalement connu, le lexique présente un fonds commun, mais d’importantes variations régionales reflètent la diversité de l’histoire et des modes de vie. Le vocabulaire des activités traditionnelles frappe par son extrême précision et la langue affective n’est ni pauvre ni rudimentaire. L’expression des notions modernes s’avère plus embarrassante; c’est presque toujours l’emprunt qui l’assure. Partout, l’arabe s’est infiltré. Le vocabulaire est organisé en familles de mots construits sur une même racine, toujours consonantique. Mais l’évolution phonétique ou sémantique, le rejet des termes tabous, les coups de boutoir des emprunts ont souvent affaibli ces familles et chaque mot tend à vivre de sa vie propre.